Faut-il s’équiper pour le ski alpin et pour le ski de randonnée ou est-il possible d’envisager un seul équipement hybride ?

De plus en plus de skieurs pratiquent le ski alpin et le ski de randonnée, et avec l’accent mis par les fabricants sur le développement de matériel hybride ski alpin/ski de randonnée ces dernières années, on nous pose fréquemment cette question.

S’il est impossible d’être exhaustif sur le sujet, autrement que dans le cadre d’une vraie discussion, nous vous avons sélectionnés quelques critères qui peuvent vous aider à prendre une direction.

1 - Le type de pratique

Pour être hybride le matériel doit répondre aux caractéristiques recherchées pour la pratique du ski alpin ainsi qu’à celles du ski de randonnée, qui sont pour la plupart différentes. En conséquence, certaines pratiques conviennent mieux que d’autres à l’utilisation d’un équipement hybride.

Par exemple, les skieurs qui aiment les skis précis et puissants sur la piste ne trouveront pas leur compte avec du matériel hybride alpin/randonnée. Il seront en effet trop fin sous la fixation (nécessaire pour la précision), et offriront donc trop peu de portance en hors-piste et seront trop lourd (nécessaire pour la performance) pour la montée.

Il en va de même pour les randonneurs qui souhaitent monter rapidement puisque le matériel léger (bien utile pour une montée rapide) est moins performant sur les pistes.

Les skieurs qui n’ont pas besoin matériel de ski précis, les skieurs hors-piste et les randonneurs qui ne regardent pas la montre, peuvent plus facilement envisager un équipement hybride.

2 - La fréquence

Un équipement unique fera plus de sens pour celui, ou celle, qui fait 2 sorties en ski alpin et 2 sorties en ski de randonnée par hiver, que pour celui, ou celle, qui fait 10 sorties en ski alpin et 10 en ski de randonnée chaque hiver.

Notamment pour le budget mis en rapport rapport au temps de pratique et le fait qu’on accorde sans doute plus d’attention sur le matériel quand la pratique est fréquente.

3 - Le déséquilibre entre les pratiques

Si on fait 15 sorties en ski alpin et 2 en ski de randonnée alors il est peut-être préférable de ne pas faire de compromis sur les skis alpins et de louer le matériel de randonnée à la journée lors des rares sorties. L’inverse vaut aussi pour 15 sorties de ski de randonnée et 2 sorties en ski alpin.

4 - les copains …

Si vous êtes le plus lent de l’équipe à la montée, ou à la descente, il se peut que ne pas faire de compromis et avoir du matériel parfaitement adapté soit la meilleure solution.

Une paire de chaussure et deux paires de skis ?

Cette solution permet d’économiser une paire de chaussure et de prendre une paire de ski précise sur la piste ainsi une paire de ski adaptée à la pratique du ski de randonnée. Cependant, il y a tout de même un compromis à faire puisque les chaussures doivent être choisies de manières cohérentes avec les deux paires de ski. Soit avoir un bon débattement pour la montée et une rigidité suffisante pour conduire des skis précis.

De plus les chaussures doivent être compatibles avec les fixations de ski alpin et de ski de randonnée. Cela peut paraître simple … mais ça ne l’est vraiment pas du tout, et ça peut même s’avérer être très dangereux.

Quelques notions sur les normes et standard en vigueur

L’erreur qui est commise le plus régulièrement est de skier avec des chaussures de randonnées dans des fixations de ski alpines. Si en forçant un peu, il est possible de mettre une chaussure de randonnée dans la majorité des fixations alpines, ce n’est pas pour autant que l’ensemble est compatible.

Les chaussures de ski de randonnée (conforme à la norme ISO 9523) se distinguent des chaussures de ski alpin (conforme à la norme ISO 5355) notamment par la matière de leurs semelles en caoutchouc (au lieu de plastique) pour une meilleure adhérence sur le terrain et leur forme qui est plus arrondie que celles des chaussures alpine, pour un meilleures confort de marche (mais en conséquence plus haute).

En conclusion

Malgré les importantes évolutions technologiques de ces dernières années, dans la majeure partie des cas lors d’une pratique fréquente des deux activités, avoir un équipement pour le ski alpin et un autre pour le ski de randonnée est la solution la plus confortable car c’est comme cela qu’on a le moins de compromis à faire.

Toutefois, en intégrant les différents facteurs liés à l’humain, envies, pratiques, budget, il n’y a pas une seule réponse à la question et chaque cas mérite d’être étudié de manière personnalisée.